AMELIOR Association des Marchés Economiques Locaux Individuels et Organisés du Recyclage

Marché des biffins AMELIOR samedi 12 juillet à croix de chavaux, Montreuil

Ce samedi 12 juillet, de 7h à 20h sous la halle du marché Croix de Chavaux à Montreuil, les récupérateurs-vendeurs biffins adhérents seront environ 200 à proposer à la vente leurs produits de récup, d'occasion, de seconde main, auprès des très nombreux acheteurs heureux de trouver la régulièrement un marché solidaire, qui lutte concrètement contre l'exclusion par une consommation solidaire et écologiste…

C'est là la onzième édition de ce marché montreuillois, qui constitue le plus grand marché organisé de biffins de France. En effet, dans de nombreux lieux à Paris et en général dans toute la France (Marseille, Lyon, Toulouse, Rennes…), l'activité des biffins est prohibée, considérée a tort par les pouvoirs publics comme de la vente a la sauvette. L'étude sur les biffins commanditée par le Conseil Régional d'Île de France, et dont la publication fut une conquête difficile, préconise d'attribuer un statut aux vendeurs de récup' biffins et de créer des places et des marchés réguliers sur l'espace public, en quantité proportionnelle à celle de leur présence en Île de France (l'étude les estime à environ 3000). Cependant, ce travail d'action social n'est nullement mené, au "profit" d'une politique de répression policière et de confiscation des biens des biffins, qui témoigne plutôt d'une absence de volonté politique d'intégration des biffins dans le circuit court du réemploi et du recyclage en ville, valeurs dont on proclame pourtant la défense. Cette politique, qui incrimine pour mieux discriminer, encourage le phénomène des ventes à la sauvette qu'elle dénonce, mettant en danger la vie des biffins. Depuis 10 ans, elle se contente de coûter cher aux contribuables, d'appauvrir et de déconsidérer biffins et acheteurs.

L'association Amelior s'oppose à ces pratiques antidémocratiques, et par ses actions veut montrer qu'une autre gestion de cette activité est possible. La récup' n'est un "problème" que lorsqu'elle est réprimée et désorganisée; en soi, c'est une valeur et une force économique et écologique qu'il faut soutenir.
Membre de l'alliance globale des récupérateurs de déchets et du mouvement ZERO WASTE, AMELIOR organise des marchés des biffins sous la halle du marché Croix de Chavaux depuis plus d'un an. Les riverains et les commerçants les plus proches ne se plaignent d'aucune nuisance, au contraire : le marché attire un public nombreux et divers, dans une ambiance conviviale et solidaire. Animation garantie ce samedi, grâce à la présence de Disco Soup, asso qui prépare et donne en musique de la nourriture entièrement issue de la récupération ! La halle où exposent les quelques 200 biffins et où chinent des milliers de personnes entre 7h et 20h est rendue dans un état impeccable, vingt minutes après la fin du marché, grâce à l'autogestion des biffins et à l'organisation d'une zone de gratuité en fin de journée, les biffins donnant aux glaneurs ce dont ils ne veulent plus.
Depuis des années, et toujours avec un grand plaisir partagé, l'asso et les biffins adhérents ont également été invités par des associations, des centres sociaux, des organisateurs de brocantes à venir déballer avec eux, à aider à l'organisation de brocantes, vide-greniers, fêtes de quartier, apportant ainsi leur expérience et leurs compétences dans les secteurs qui sont les leurs, et trouvant leur place dans la ville.
Et il est certain qu'organiser des marchés pour les biffins peut se faire en de nombreux endroits et en toute occasion, notamment là où la nécessité s'en fait le plus sentir : dans les arrondissements parisiens concernés par les marchés des biffins non organisés (20ème, 19ème, 10ème, 11ème, mais aussi 13ème et le 17ème).

Nous tenons à remercier les élus de Montreuil et les travailleurs des services qui nous aident - les agents du service de propreté qui nous donnent un coup de main pour le nettoyage, l'office de tourisme qui annonce les marchés… Nous saluons également les élus d'autres villes et arrondissements qui depuis des années demandent (et parfois obtiennent) l'égalité des droits pour les biffins et la fin de la politique de répression policière et de spoliation des biens; les associations solidaires des biffins qui les accueillent dans les vides greniers; les citoyens engagés qui ne supportent pas la banalisation de l'exclusion et de la violence envers les plus vulnérables; les amis, proches, voisins, et très nombreux chineurs et brocanteurs qui donnent et achètent aux biffins; les collectifs en lutte parmi lesquels se trouvent des biffins sans place, leur soutiens et adhérents.

Venez nombreux acheter malin, acheter biffin samedi 12 juillet de 7h à 20h sous la halle Croix de Chavaux

Biffe, Disco Soup, zone de gratuité en fin de marché
Récup', débrouille, solidarité !

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Marché des biffin.e.s AMELIOR mercredi 14 mai de 7h à 20h sous la halle du marché croix de chavaux à Montreuil

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Mai – fête du travail, jours fériés, vide-greniers qui se multiplient, temps qui se radoucit et congés qui approchent…
Mais il y a un mais : ces belles perspectives ne concernent que ceux qui ont le droit au travail, le droit à l’espace public, et qui jouissent des avantages liés à la sécurité de l’emploi et à la citoyenneté; elles ne concernent pas ceux qui sont exclus du droit au travail malgré la réalité, l’utilité et la pénibilité de leur travail ; c’est le cas des biffins.

Les biffins sont des récupérateurs-revendeurs professionnels : ils collectent des objets abandonnés pour les revaloriser, plutôt que de les laisser au statut de déchet, et pour les revendre, à des prix à accessibles à toutes les bourses. À la fois récup’ et marché de l’occasion, leur travail est doublement lutte contre le gaspillage. En amont, ils travaillent à la réduction des déchets à la source (récup’ dans les poubelles, dans la rue, auprès de particuliers voulant se débarrasser) ; en aval, à la baisse de l’extraction de nouvelles matières premières, du transport, de l’utilisation d’emballages… Ils oeuvrent à une décroissance de la production sans décroissance de l’emploi. Car les biffins sont des travailleurs, et leur travail est de forte utilité sociale – mais aujourd’hui, on leur refuse précisément le droit au travail. 

 En effet, à Paris et en Île-de-France, du fait de l’absence d’organisation des marchés des biffins et/ou de places réservées aux biffins sur les marchés, et de la fin de non-recevoir régulièrement adressée à leurs revendications, les biffins doivent quasiment tous exercer leur activité dans l’illégalité.

Dans l’illégalité, c’est-à-dire sans place, « à la sauvette », dans des zones de non-droit exposées à tous les débordements, où les biffins se voient pourchassés par la police qui spolie leurs biens pour les fournir à des sociétés privées de collecte des déchets – celles-là précisément qui envoient tous ces objets encore utilisables à l’incinérateur, faisant ainsi rimer injustice et pollution, gaspillage et empoisonnement de l’air. Coût écologique qui se double d’un coût fiscal - le prix du recours à l’une de ces bennes dépasse la modique somme de 10 000 € par mois. Et cela dure depuis bientôt 10 ans.
Dans l’illégalité, c’est-à-dire sans droit, hors du code du travail, dans une faille juridique qui les expose aux accidents de la vie et les prive des dispositifs conquis par les travailleurs pour assurer sécurité, liberté, bien-être et tout simplemen
t décence dans l’exercice de leur activité.
Dans l’illégalité, c’est-à-dire dans l’obscurité, sans reconnaissance, dans le mépris
et l’ignorance organisée de la réalité et de la valeur de leur métier. Un métier dénigré, assimilé à tort au vol, au recel, au trafic, ou renvoyé à un expédient contraint, honteux - honte et mépris social qui rejaillissent sur leurs acheteurs, ces consommateurs responsables acteurs de l’économie solidaire et de la lutte contre le gaspillage des biens et des matériaux.

 C’est ainsi que nous revendiquons le droit de travailleurs, d’hommes et de femmes accomplissant une oeuvre nécessaire, à travailler.
C’est ainsi que nous continuons d’exiger le DROIT À LA BIFFE
RDV mercredi 14 mai de 7h à 20h sous la halle du marché Croix de Chavaux pour le marché des biffins AMELIOR

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1er Mai 2014. DROIT A LA BIFFE POUR LES BIFFIN.E.S !

1 er mai 2014
DROIT À LA BIFFE POUR LES BIFFIN.E.S !

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En ce 1er mai – journée internationale des droits des travailleurs - de l’année 2014 - déclarée année de lutte contre le gaspillage alimentaire par le Parlement Européen - nous, association AMELIOR , rappelons :
- que le gaspillage n’est hélas pas qu’alimentaire, mais touche tous les secteurs de la production et de la consommation, produisant des déchets non biodégradables.
- que la solution pour lutter contre ce gaspillage des biens et des matériaux existe déjà
- mais que cette solution, loin d’être promue et encouragée concrètement par les pouvoirs publics, fait aujourd’hui l’objet d’une occultation et d’une répression systématiques.

Les biffins sont des récupérateurs-revendeurs professionnels : ils collectent des objets abandonnés pour les revaloriser, plutôt que de les laisser au statut de déchet, et pour les revendre, à des prix à accessibles à toutes les bourses. À la fois récup’ et marché de l’occasion, leur travail est doublement lutte contre le gaspillage. En amont, ils travaillent à la réduction des déchets à la source (récup’ dans les poubelles, dans la rue, auprès de particuliers voulant se débarrasser) ; en aval, à la baisse de l’extraction de nouvelles matières premières, du transport, de l’utilisation d’emballages… Ils oeuvrent à une décroissance de la production sans décroissance de l’emploi. Car les biffins sont des travailleurs, et leur travail est de forte utilité sociale – mais aujourd’hui, on leur refuse précisément le droit au travail.

En effet, à Paris et en Île-de-France, du fait de l’absence d’organisation des marchés des biffins et/ou de places réservées aux biffins sur les marchés, et de la fin de non-recevoir régulièrement adressée à leurs revendications, les biffins doivent quasiment tous exercer leur activité dans l’illégalité.

Dans l’illégalité, c’est-à-dire sans place, « à la sauvette », dans des zones de non-droit exposées à tous les débordements, où les biffins se voient pourchassés par la police qui spolie leurs biens pour les fournir à des sociétés privées de collecte des déchets – celles-là précisément qui envoient tous ces objets encore utilisables à l’incinérateur, faisant ainsi rimer injustice et pollution, gaspillage et empoisonnement de l’air. Coût écologique qui se double d’un coût fiscal - le prix du recours à l’une de ces bennes dépasse la modique somme de 10 000 € par mois. Et cela dure depuis bientôt 10 ans.
Dans l’illégalité, c’est-à-dire sans droit, hors du code du travail, dans une faille juridique qui les expose aux accidents de la vie et les prive des dispositifs conquis par les travailleurs pour assurer sécurité, liberté, bien-être et tout simplement décence dans l’exercice de leur activité.
Dans l’illégalité, c’est-à-dire dans l’obscurité, sans reconnaissance, dans le mépris et l’ignorance organisée de la réalité et de la valeur de leur métier. Un métier dénigré, assimilé à tort au vol, au recel, au trafic, ou renvoyé à un expédient contraint, honteux - honte et mépris social qui rejaillissent sur leurs acheteurs, ces consommateurs responsables acteurs de l’économie solidaire et de la lutte contre le gaspillage des biens et des matériaux.

C’est ainsi qu’en ce 1er mai 2014, nous revendiquons le droit de travailleurs, d’hommes et de femmes accomplissant une oeuvre nécessaire, à travailler.
C’est ainsi que nous continuons d’exiger le DROIT À LA BIFFE

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Montreuil TV : ce que vous faites pour la planete : le marché des biffins

http://webtv.montreuil.fr/----ce-que-vous-faites-pour-la-plan%C3%A8te---le-march%C3%A9-des-biffins-video-452-12.html

Mercredi 9 avril, la Halle du Marché Croix-de-Chavaux accueillait le marché des Biffins, un rendez-vous mensuel organisé par l'association AMELIOR. On y trouve des objets de toute sorte sauvés de la poubelle par les Biffins.

http://webtv.montreuil.fr/----ce-que-vous-faites-pour-la-plan%C3%A8te---le-march%C3%A9-des-biffins-video-452-12.html

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LES BIFFINS DE PARIS SONT DES RECYCLEURS ECOLOS par Bénédicte Martin (Reporterre) lundi 14 avril 2014

Les biffins de Paris sont des recycleurs écolos

 

Bénédicte Martin (Reporterre)

 

lundi 14 avril 2014

Poussés par la précarité, les « chiffoniers » du XIXe siècle sont de retour. Depuis 2005, les biffins de Paris luttent pour exister et exercer leur activité au grand jour. Considérés comme persona non grata par les autorités, ils offrent pourtant une alternative efficace pour recycler les déchets, source de pollution importante quand ils sont incinérés.

 


- Montreuil (Seine-Saint-Denis), reportage

« Faut remballer ça, c’est neuf, on ne vend pas du neuf ici, faut pas que les flics voient ça… ». Samuel Le Cœur fait signe au vendeur de housses de téléphone portable de ranger sa marchandise étalée par terre sur un drap de fortune. Tout autour d’eux des centaines d’objets hétéroclites s’amoncellent sur des stands improvisés baignés par les premiers rayons du soleil.

Sous l’auvent des halles de la Croix de Chavaux à Montreuil, un mercredi par mois c’est le « marché des biffins ». Samuel, gilet de chantier jaune fluo sur le dos, veille au bon déroulement de la journée. Président de l’association Amelior (Association des marchés économiques locaux individuels et organisés du recyclage), il arpente les deux allées qui séparent les alignements de bric à brac et discute avec les vendeurs de toutes nationalités.

Au premier abord, cela ressemble à un vide grenier, mais les biffins ne sont pas des revendeurs comme les autres. Le recyclage des objets chinés dans les poubelles est leur métier.

« Les biffins sont des gens qui ramassent la biffe - les chiffons - et récupèrent des objets dans les poubelles pour les vendre sur les marchés aux puces. Ils se réclament d’une très ancienne tradition de chiffonnier qui existe depuis mille ans à Paris. Leur activité est différente de celle des brocanteurs qui paient un droit de place, et ce ne sont pas non plus des revendeurs à la sauvette qui vendent du neuf » explique Samuel.


- Samuel Le Coeur -

Le dialogue entre les biffins et les autorités a toujours été difficile, voire impossible. Depuis le début, la police municipale saisit les marchandises et les détruit sans discernement. En 2005, les biffins se sont organisés pour lutter contre cette répression injuste. En 2009, l’association Aurore a obtenu cent places à la porte de Montmartre.

« On savait que ça serait insuffisant alors on a créé l’association Amelior pour regrouper tous les biffins d’île-de-France. Il y a 761 biffins inscrits aujourd’hui » précise Samuel. Selon la Mission d’information sur la pauvreté et l’exclusion sociale, ils seraient trois mille à Paris, arpentant les rues avec leurs caddies afin de faire les poubelles ; des hommes mais aussi des femmes pour un tiers d’entre eux.

L’économie de la débrouille en plein essor

Personnes au chômage, bénéficiaires du RSA, sans-papiers, retraités, la pauvreté a de multiples visages. La « récup » permet de survivre et de payer les factures. Cette économie informelle, très présente dans les pays émergents, est revenue dans nos sociétés européennes, malmenées par la précarité.

Pour l’anthropologue Susana Narotzky : « En dernière instance, l’économie informelle permet aux gens de ne pas perdre leur dignité, exigence qu’ils formulent avec celle du respect. »

Marie-Pierre accueille les chineurs avec un grand sourire. Elle témoigne : « Heureusement que j’ai découvert cette activité par le biais d’un ami car je suis aujourd’hui sans revenu. J’avais un bon travail jusqu’en 2008. Le plus incroyable c’est que j’étais consultante en insertion professionnelle pendant plus de 25 ans quand la société a fermé ! Les personnes que j’avais aidées à s’insérer me retrouvent là et c’est eux maintenant qui m’encouragent à tenir le coup ! »

- Marie-Pierre -

Au marché des biffins, une dame montre un écran plat et demande « Il fonctionne ? On peut l’allumer ? ». Le vendeur s’empresse d’aller le brancher aux prises électriques qui pendent le long des poteaux des halles. Ancien journaliste chinois, Rong-li est un biffin en attendant son statut de réfugié politique.

L’écran s’allume et la dame repart contente avec son écran à 5 euros sous le bras. « Je n’ai pas les revenus suffisants pour acheter à Auchan ce genre de chose ! Et en plus je préfère donner mes sous à des gens qui en ont vraiment besoin ! » lance-t-elle en partant.

- Rong Li -

Entre les biffins et les citoyens, des liens solidaires se créent. Donner de l’argent à ceux qui n’en ont pas est une bonne solution pour faire face à la crise. Mais les pouvoirs publics ne voient pas les choses ainsi.

Samuel qui se bat pour faire entendre leur voix s’anime : « Les biffins sont toujours considérés comme des vendeurs à la sauvette et sont pourchassés par la police. Ils sont passibles de 3 750 euros d’amendes et six mois de prison ferme. Cela fait deux ans que l’on essaie de rencontrer Anne Hidalgo pour établir un dialogue sur le sujet et trouver des solutions. La misère explose et les nouveaux élus doivent faire quelque chose. »

Mohammed a étalé devant lui des vêtements et bijoux tout droit sortis du 16ème arrondissement. Manteau de fourrure, colliers BCBG, chaussures élégantes, cravates en soie, lunettes et sacs de marques. « Je suis Marocain et ça fait 10 ans que je vis à Paris. Je me suis cassé le dos en faisant des travaux durs au noir. Après un divorce je me suis retrouvé dans la rue et comme je ne peux plus travailler car je suis handicapé, et sans papier, j’ai droit à rien. Je suis devenu biffin pour survivre. Je gagne entre 250 et 300 euros par mois. »

Xavier, à côté de lui est retraité. Il chine et répare de jolis objets qu’il vend pour augmenter sa maigre pension d’ouvrier du BTP. Trier, recycler, réparer et vendre à petits prix, serait-ce un délit ?

La collecte des déchets : un enjeu économique et écologique majeurs pour les villes

Le scandale d’attribution des déchets à la compagnie privée Derichebourg par l’élue PS Mireille Flam en 2005 met en évidence l’enjeu financier du traitement des ordures et encombrants.

Samuel rappelle : « Les tonnes de marchandises des biffins, saisies par la police à Paris vont remplir des bennes et les poches de la société privée Derichebourg. Tous ces biens spoliés finissent à l’incinérateur, qui produit du chauffage, dont le directeur des deux structures n’est autre que le maire du 19eme arrondissement, François Dagnaud, anciennement chargé de la privatisation des déchets à Paris. Les Parisiens paient pour cela, plus il y a de déchets incinérés plus ils paient ».

De plus, la location des bennes dans le 20è coûterait 180 000 euros par an à la mairie, selon le syndicat CGT des éboueurs. A cela s’ajoute le coût de la répression journalière des biffins par la police municipale qui n’a pas été communiqué malgré de demandes répétés d’élus Europe Ecologie-les Verts (EELV) au Conseil de Paris.


- La police saisit fréquemment et jette dans la benne les marchandises des biffins -

Cher pour le contribuable, toxique pour la santé, l’incinération des déchets est une problématique d’intérêt général. Pourtant les communes peinent à mettre en place des mesures de recyclage. Les biffins apportent une solution écologique au problème des déchets.

« L’incinération des déchets est un des premiers facteurs d’augmentation du CO2. La base des travaux verts c’est le travail des biffins. Si on veut vraiment vivre dans une société qui recycle ses matériaux il faut partir de cette masse de travailleurs qui ne demande que ça », estime M. Le Coeur.

Les élus vont-ils enfin prendre en compte la réalité sociale des biffins et amorcer une politique de traitement des déchets qui les inclut ? Malgré des appels répétés de Reporterre auprès de la Ville de Paris, il a été impossible d’obtenir le point de vue de celle-ci. De son côté, l’association Amelior va bientôt lancer une pétition en ligne pour alerter l’opinion.

 


Source : Bénédicte Martin pour Reporterre.

 

Première mise en ligne le 12 avril 2014.

 

Photos : Bénédicte Martin, sauf photo police : Samuel Le Coeur

 

Lire aussi : La Collecterie redonne vie aux objets et crée des emplois.

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Marché des biffin.e.s AMELIOR le mercredi 9 avril 2014 à Montreuil croix de chavaux

Association AMELIOR – les biffins

Communiqué de presse du 1er avril 2014

« Les berges sont à vous »
Voilà ce qu’annonçait, l’été dernier, la Ville de Paris, dans le cadre de l’ouverture de l’opération Paris-plage. Promesse d’un espace public ouvert, rêve d’une ville accessible à tous et à toutes, qu’il faut confronter à la dure réalité : on doit se battre, aujourd’hui, pour avoir une place sur l’espace public, pour être visible et audible dans le dialogue social. Témoins et victimes, les récupérateurs-revendeurs, ou biffins, ces descendants des chiffonniers qui pratiquent la « biffe », activité de récup’ et de revente des objets d’occasion en tout genre, et qui sont aujourd’hui discriminés et empêchés de pratiquer leur activité.

mais la biffe est boutée hors de Paris
En effet, depuis une dizaine d’années, et particulièrement sous les coups de ce PS qui proclame « les berges sont à vous », partout la biffe est boutée hors de Paris. Les biffins, pour exercer leur activité, n’ont guère le choix dans la date, et guère le choix dans les lieux : ils sont contraints de vendre à la sauvette, pour la plupart aux portes de Paris, du vendredi au lundi, menacés par une police qui les arrête et spolie sans inventaire leurs biens. De sorte que, aujourd’hui encore, on ne cesse de se faire taxer la biffe. Tout cela représente un danger réel pour la sécurité des récupérateurs-revendeurs, et des pertes importantes en termes de biffe. Pourquoi ces politiques ? Pourquoi stigmatiser tout ce qui a trait à la biffe ? Pourquoi nous pousser à quitter la biffe, une activité si nécessaire en temps de crises, permettant à de nombreuses personnes précaires de joindre les deux bouts, et simplement de survivre?

La biffe ne tache pas !
L’asso AMELIOR se bat pour la reconnaissance et la défense de la biffe, en organisant des marchés où chaque biffin adhérent peut venir déballer et vendre ; la place y est cédée à un prix solidaire, à raison de 2 à 4 mètres de biffe par tête (ce qui fait plus ou moins trois à la biffe). Cette organisation est viable, elle a été éprouvée à Montreuil, où l’association tient un marché par mois sous la halle du marché Croix de Chavaux. Celui-ci connaît un grand succès : l’affluence y est croissante, et l’on n’y déplore aucun incident, ni aucun problème de propreté. En effet, contrairement à l’accusation de saleté qui lui est régulièrement adressée, la biffe ne tâche pas (à condition, bien sûr, de ne pas la traîner). C’est une activité qui œuvre à la réduction des déchets, et d’une manière générale à la protection de l’environnement (surtout que, souvent, les chineurs vont et arrivent à pied de la chine).

Pourquoi continuer à taire la biffe ?
Alors que de nouvelles équipes municipales viennent d’être élues, reconduisant à Paris ce PS qui n’a depuis des années « géré » le problème que par la répression, cette situation absurde, coûteuse et criminelle doit cesser. L’été arrive, les berges ré-ouvrent, et la biffe ne saurait rester dans l’attente. Biffe de juillet, biffe de août, la biffe doit faire son été, faire sa place et la garder toute l’année ! Toute l’année, gardons nos magnifiques teints de biffe, car la biffe est de bon ton ! Mesdames et messieurs les élus, il faut cesser de taire la biffe, mais en piper mot, n'avoir que ça à la bouche ! Organiser de nouveaux marchés, car partout, la biffe est dans l’attente – l’attente d’une politique digne de ce nom, qui reconnaisse sa valeur et lui fasse la place qu’elle mérite. Hâtons la biffe ! Tout à la biffe !

Rendez-vous au MARCHÉ DES BIFFINS AMELIOR
Sous la HALLE DU MARCHÉ CROIX DE CHAVAUX à Montreuil
Le mercredi 9 AVRIL, de 7h à 20h
(en espérant pouvoir bientôt, à la faveur de décisions politiques courageuses,
vous laisser un peu plus de choix dans les dates)

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CP Marché des biffins AMELIOR samedi 8 mars 2014 a Croix de Chavaux, Montreuil

- Communiqué de presse de l’association AMELIOR -

2014 : quels engagements en faveur des biffins en Île de France ?

 

Le samedi 8 mars 2014 de 8h à 19h aura lieu le marché des biffins récupérateurs-revendeurs sous la halle du marché Croix de Chavaux à Montreuil, le huitième organisé par l’association AMELIOR en l’espace d’un an. C’est en effet en mars 2013 que l’association a initié son partenariat avec la ville de Montreuil, d’abord sur un mode expérimental puis, en 2014, à raison d’un marché par mois. Ceux-ci se déroulent à chaque fois sans encombre, et connaissent même un succès grandissant, tant auprès des biffins (qui sont environ 170 à y vendre) que de leurs acheteurs. L’association y assure l’organisation et la gestion intégrales du marché - placement des biffins adhérents, respect de la charte du biffin, nettoyage du site, mais aussi tenue du stand associatif ou sensibilisation du public. Elle y invite régulièrement divers partenaires de la lutte contre le gaspillage ; ainsi, samedi 8 mars, elle accueille pour la troisième fois l’association Disco Soup sur son marché.

Cette efficacité et ce succès sont satisfaisants mais insuffisants ; l’association fédère en effet aujourd’hui 700 adhérents, dont 500 biffins, originaires de 46 communes d’Île-de-France et de 16 arrondissements parisiens différents. On estime[1] de plus qu’il y a en Île-de-France environ 3000 biffins, la plupart exerçant à Paris à la sauvette et dans des lieux non organisés pour cela, par défaut de reconnaissance de leurs droits et d’écoute de leurs revendications – une place, un marché pour tous. Un marché par mois, dans une seule commune francilienne, est à l’évidence parfaitement insuffisant. C’est pourquoi l’association AMELIOR propose la création de nouveaux marchés dans ces communes d’Île-de-France où résident les biffins – Paris XXe, XIXe, XVIIIe, Xe, XIe, XIIe, Bagnolet, Pantin, Aubervilliers, Romainville, Bobigny, Les Lilas, mais aussi Drancy, Noisy-le-sec, Bondy, Clichy-sous-Bois, Ivry, Vitry… Autant de communes dans lesquelles, à l’approche des municipales, il est urgent pour les élus, et futurs élus, d’envisager la place de la biffe en ville ! Il en va de la lutte contre l’exclusion et de l’égalité des territoires dans l’accès aux dispositifs économiques et sociaux ; mais aussi, de la lutte pour la réduction des déchets et l’emploi.

            Car le rôle des biffins dans la ville n’est pas qu’économique. Outre de développer l’emploi pour tous, la solidarité, le lien social, l’inclusion des biffins en ville représente en effet un progrès environnemental. Récupérateurs de biens et matériaux abandonnés  encore utilisables, ou recyclables, revendeurs de ceux-ci à bas coût, ils participent tant de la réduction des déchets que de la diffusion de la consommation d’occasion – deux tâches nécessaires en ces temps de crise écologique. Il est donc urgent de soutenir leur activité, l’encourager et la développer, afin de parvenir par la base citoyenne à l’objectif de « zéro déchet ».

C’est dans cet esprit que l’association AMELIOR a intégré la Global Alliance of Waste Pickers, fédération internationale des travailleurs en lutte pour l’inclusion des recycleurs de matériaux recyclables dans la gestion des déchets, et a rejoint Zero Waste France, mouvement pour la prévention des déchets coordonné par le Cniid. C’est dans ce but qu’elle travaille à ses projets – marchés des biffins, mais aussi collecte à domicile et dans la rue, et construction à Bagnolet d’un centre de tri et de recyclage, où les objets et matériaux irréparables sont séparés, triés et envoyés au recyclage. C’est dans cet espoir qu’elle en appelle au soutien de ces projets, dont la réalisation implique des investissements, de la formation et la création de véritables emplois – 2 ont déjà été créés au sein de l’association, mais beaucoup plus sont nécessaires, et ce développement implique d’être soutenu, économiquement mais aussi politiquement. Nous préconisons en effet la définition d’un véritable statut de biffin, permettant aux biffins de jouir de conditions de travail normales, conformes au droit et à l’égalité dû à chaque citoyen.

              Le 8 mars étant la journée de défense des droits des femmes, AMELIOR, qui compte une majorité de femmes parmi ses adhérents, tient à réaffirmer sa solidarité avec cette couche de la population qui est de nos jours la première victime des inégalités et de la précarité contre lesquelles elle lutte. L’association rappelle que plus d’un biffin sur deux est une biffine…[2]

                         

 



Cf. étude qualitative sur les biffins réalisée en 2012 par la MIPES, sur commande de la région Île-de-France.

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Journal La Croix du 6 fevrier 2014 : "A Montreuil, la mairie confie son marché aux «biffins»

A Montreuil, la mairie confie son marché aux «biffins»

À l’approche des élections municipales des 23 et 30 mars, «La Croix» explore les grands enjeux de la gestion des communes. Aujourd’hui, l’aide aux plus démunis à Montreuil, en Seine-Saint-Denis.

Dans la halle de la Croix-de-Chavaux, à Montreuil (Seine-Saint-Denis), tous les premiers samedis du mois, les « biffins », chiffonniers des temps modernes, peuvent vendre leurs objets d’occasion moyennant seulement 1 € par mètre de rayon.

Les badauds se bousculent sous les voilages de la halle de la Croix-de-Chavaux, à Montreuil. Dans ce marché pas comme les autres, l’acheteur ne trouvera pas de produits neufs. Les objets en vente sont tous d’occasion.

Les étals ne sont pas richement achalandés, les articles sont alignés à même le sol sur des couvertures comme autant de petits trésors sans valeur. Et les marchands s’appellent des « biffins ». Chiffonniers des temps modernes, ils tirent de maigres revenus de la vente d’objets relégués au rang de déchets. Et ils sont de plus en plus nombreux dans le Nord-Est parisien à vivre de cette activité officieuse.

Mais ici, contrairement à d’autres lieux où ils s’installent souvent de manière illégale, les biffins n’ont pas à guetter la venue de la police. Depuis septembre 2013, la mairie leur laisse occuper cet espace, entièrement réhabilité, tous les premiers samedis du mois, pour seulement 1 € par mètre de rayon. Un prix avantageux, en comparaison des 17 € demandés dans la plupart des brocantes ou vide-greniers alentour.

« Nous avons estimé qu’il s’agissait là d’une première reconnaissance, en attendant de donner un statut à cette forme de travail informel », explique Florence Fréry, adjointe au développement économique et à l’emploi à la mairie de Montreuil.
« Je ne veux pas que ma famille sache »

Dans une des allées du marché couvert, Pascal, 54 ans, agite une pince ramasse-déchet. Il s’en sert à la fois pour guider le regard des curieux et attraper ses articles sans se baisser. Depuis trois ans qu’il est biffin, l’homme, souffrant du cœur, a appris à s’économiser.

Aujourd’hui, Pascal espère tirer quelque chose des casseroles et autres ustensiles professionnels qu’un restaurateur lui a laissés. Ce n’est pas à chaque fois aussi facile. Parfois, il doit tourner dans les rues du 20e arrondissement avec sa voiture pour trouver des « encombrants » qui ont encore une valeur marchande.

« Il faut se lever tôt, les Roms tournent beaucoup eux aussi », commente-t-il. Avant de perdre son emploi en 2009, à cause de la faillite de son entreprise, Pascal était informaticien. Depuis, il n’a jamais retrouvé le chemin de l’embauche.

« À mon âge, allez retrouver du travail! », s’exclame ce bénéficiaire de l’allocation spécifique de solidarité (ASS), réservée aux chômeurs seniors. Comme pour beaucoup de biffins, cette activité est encore honteuse à ses yeux. « Je ne veux pas que ma famille sache, je veux m’en sortir par moi-même », explique-t-il.
Redonner la dignité aux biffins

C’est justement pour redonner leur dignité aux biffins que l’association locale Amelior, créée en 2012, a convaincu la commune de leur réserver un créneau au marché de la Croix-de-Chavaux. La ville a d’abord donné un accord à titre expérimental, en mars 2013, avant de donner son feu vert final.

« Au départ, les commerçants du quartier étaient très réticents, ils avaient peur que la halle devienne sale. Mais jamais le ménage n’avait été aussi bien fait qu’à l’issue de ce coup d’essai, et tout s’est très bien passé par la suite, alors les esprits se sont calmés », se rappelle Florence Fréry.

Les passants sont heureux d’y trouver des objets de consommation courante bon marché. « On ne vient pas ici pour les Rembrandt, plaisante l’un d’entre eux. Moi j’ai pris un chargeur de portable et une multiprise pour 4 €. »

Le bouche-à-oreille aidant, le nombre d’exposants est allé crescendoces derniers mois: 100 en septembre, puis 120 en novembre, et 150 en décembre. Les Biffins sont pour un tiers des résidents de Montreuil. Les autres vivent non loin de là, presque tous dans le Nord-Est parisien.
sortir la « biffe » de la clandestinité

Karim, lui, habite Bobigny, en Seine-Saint-Denis. Son rayon, uniquement consacré aux chaussures de qualité, cousues main, attire l’œil des fins connaisseurs. « Oui, j’ai de belles choses », sourit cet Ivoirien installé en France depuis sept ans.

Ces paires de luxe peuvent être commercialisées jusqu’à 500 € en magasin. Elles étaient dans un sale état lorsqu’il les a trouvées dans les poubelles des quartiers chics. Maintenant qu’elles ont été nettoyées, cirées, lustrées, elles paraissent comme neuves.

Alors Karim ne brade pas. Aucun soulier ne part en dessous des 50 €, ce qui lui permet de gagner environ 800 € par mois. Il voit plutôt d’un bon œil la tentative faite par la commune de sortir la « biffe » de la clandestinité.

« Avant, je vendais sous un pont de la porte Montmartre, pour que la pluie n’abîme pas mes produits. S’il y avait plus de lieux officiels comme celui-là, je pourrais vendre davantage, les clients profiteraient de produits moins chers, et l’État percevrait des impôts supplémentaires. Bref, tout le monde y gagnerait », argumente-t-il.
Beaucoup de bibelots donnés par des voisins

La plupart des biffins circulent à pied. Ils doivent pousser leur marchandise dans des caddies ou des chariots de supermarché, qu’ils placent à côté d’eux une fois arrivés dans la halle. À 76 ans, Marie-Jeanne s’est donné beaucoup de peine pour acheminer ses « bricoles ». Beaucoup de bibelots donnés par des voisins.

Cette ancienne vendeuse des grands magasins n’a pas réussi à obtenir une retraite complète à cause d’une période de maladie et d’invalidité. Avec 680 € de revenus mensuels, elle ne dit pas non aux 50 € que lui rapporte en moyenne la journée de marché.

« Je viens pour arrondir les fins de mois, mais aussi pour retrouver des gens et discuter, précise-t-elle. Ici, je me suis fait des amis. Ils m’appellent pour prendre des nouvelles », explique cette Parisienne, avant de lâcher: « Ca devrait exister dans chaque ville et dans chaque arrondissement, pour moi, ça fait trop loin de venir jusqu’ici! »
« Il faut que nos voisins s’y mettent aussi »

C’est également le souhait de la mairie de Montreuil, convaincue que de nombreux projets sociaux peuvent naître de la politique de récupération des déchets. À Montreuil, la maire écologique, Dominique Voynet, ne sera pas candidate à sa réélection.

L’équipe en place défend tout de même l’idée de créer une « matériothèque » où les tuiles, les fenêtres, tous les matériaux réutilisables des bâtiments voués à la destruction pourraient être revendus. Selon une étude de faisabilité, cette initiative pourrait créer une dizaine d’emplois en réinsertion.

« Il faut que nos voisins s’y mettent aussi si nous voulons que les biffins soient reconnus dans l’exercice de leur métier », estime Florence Fréry. Aujourd’hui la compétence emploi et insertion économique relève de l’agglomération Est ensemble, mais elle reviendra à Paris Métropole à compter du 1 er janvier 2016.« J’espère qu’à cette échelle, ce genre de dossier, qui demande un grand travail de proximité, ne sera pas passé à la trappe », s’inquiète l’élue.

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« Biffin », un mot ancien pour évoquer les plus démunis

Le terme d’argot « biffin », apparu au XIXe siècle, est d’abord utilisé pour désigner les chiffonniers des rues qui récupéraient le textile pour le vendre, notamment, aux papetiers. Il s’agit d’un dérivé de « biffe », signifiant vieille étoffe rayée en français médiéval, ou encore objet sans valeur. Les biffins frappaient aux portes des particuliers pour collecter des peaux de lapin ou de vieilles ferrailles.

Par extension, le mot est ensuite entré dans le langage militaire pour évoquer les fantassins, qui étaient moqués pour être habillés « comme des chiffonniers », avec le même grand sac porté sur le dos.

Avant que le métier de chiffonnier ne disparaisse, les biffins étaient reconnus par les autorités à Paris. À chacun d’entre eux était attribué un secteur et une plaque, comme les chauffeurs de taxi aujourd’hui. Un statut officiel que les associations voudraient aujourd’hui retrouver pour les personnes qui vivent de la récupération des déchets.
JEAN-BAPTISTE FRANÇOIS

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les biffins veulent etre reconnus . article dans Le Parisien du 11 janvier 2014

«Peaux de lapin! Peaux! Chiffons! Peaux! » C’était l’appel des biffins et des chiffonniers au début du XXe siècle dans les rues de Paris. Ils vendaient à petits prix des chiffons, tissus et autres objets récupérés à petits prix. Au XXIe siècle, ils existent toujours et se regroupent dans ce qu’on appelle parfois les « marchés de la misère ».

A Montreuil, aujourd’hui, de 8 heures à 19 heures, ils seront cent à vendre leurs trouvailles sous la halle de la Croix-de-Chavaux, mise à disposition par la ville pour la quatrième fois en un an.

Une victoire obtenue grâce à la mobilisation des biffins! Pour la première fois, les vendeurs à la sauvette rejetés de Paris XXe et qui se retrouvent à errer le week-end entre les Portes de Bagnolet et de Montreuil ont constitué leur association : Amelior (association des marchés économiques et locaux individuels et organisés de recyclage). L’initiative revient à Samuel Lecoeur. Ce Montreuillois rassemble aujourd’hui plus de 400 adhérents. « Ils sont en fait quelque 3000 hommes et femmes à survivre grâce aux revenus d’appoint que constitue la revente d’objets de récupération, assure-t-il. Et bien sûr, je ne parle pas de ceux qui revendent des objets volés. »

Pour la plupart, ces chiffonniers sont des chômeurs, des SDF, des retraités, des travailleurs pauvres, des marginaux et aussi des sans-papiers. « Je peux gagner jusqu’à 50 € dans une vente », raconte Hocine. Pour ce peintre en bâtiment, dans les périodes où il n’a pas de travail, cette rentrée d’argent de fin de semaine n’est pas négligeable. « Les gens jettent dans la rue des choses qui sont encore en bon état ou bien simplement utiles à d’autres », poursuit-il. Ce vendeur à la sauvette récupère tout ce qu’il trouve. « Ça va du bout de ferraille à des meubles en tout genre, en passant par des vêtements et des bibelots. » En décembre, Hocine a manifesté place de la République à Paris avec l’association Amelior, contre ce qu’ils appellent un « déni de droit dont les biffins sont victimes ». En cause? Le choix de la maire (PS) Frédérique Calandra du XXe d’expulser les vendeurs à la sauvette de son arrondissement par une présence policière renforcée dans le cadre de la mise en place d’une zone de sécurité prioritaire (ZSP).

« Nous n’avons pas de place et leur présence anarchique gêne les riverains », indique-t-on en mairie du XXe. Idem à Bagnolet où des habitants se disent aussi excédés par leur présence autour de chez eux. « C’est dangereux pour eux, estime Michel, qui habite dans le quartier des Coutures. Ils laissent les lieux dans un état de saleté insupportable. »

Pour éviter ces problèmes, l’association Amelior demande la multiplication un peu partout à Paris et en petite couronne de « carrés des biffins » à l’instar de celui qui a été créé il y a quelques années dans le XVIIIe. ou d’opérations ponctuelles comme ces rendez-vous sous la halle de la Croix-de-Chavaux à Montreuil.

http://www.leparisien.fr/espace-premium/seine-saint-denis-93/les-biffins-veulent-etre-reconnus-11-01-2014-3482337.php

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marché des biffins samedi 11 janvier 2014

Communiqué de presse de l’association AMELIOR
À l’occasion du premier marché des biffins de l’année 2014
sous la Halle Croix de Chavaux


Alors que s’ouvre l’année 2014, l’association AMELIOR est heureuse d’annoncer le renouvellement de son partenariat avec la ville de Montreuil, sous la forme de l’organisation d’un marché des biffins par mois sous la Halle Croix de Chavaux. Le premier aura lieu samedi 11 janvier de 8h à 19h – on y attend environ 150 biffins.
C’est là un grand espoir pour l’association et ses membres, à plusieurs titres. Tout d’abord, cela entérine le succès des marchés des biffins expérimentaux tenus sous la Halle à cinq reprises en 2013, sur un mode expérimental. Ainsi, la confiance réaffirmée par la ville de Montreuil signifie pour nous que la biffe a toute sa place dans la ville, et qu’elle peut être organisée sur l’espace public de manière efficace, sereine et conviviale, pour peu que l’esprit de solidarité rencontre le courage politique. La multiplication des marchés répond à un besoin réel des biffins et des acheteurs, qu’il convient de reconnaître et de valoriser, plutôt que de persister à les nier et les réprimer. 2014 étant une année d’élection municipale, l’association AMELIOR renouvelle son indignation devant les politiques de répression et le mépris toujours exprimés à l’égard des problèmes rencontrés par les biffins, alors que celles-ci ne font qu’amplifier le phénomène de vente à la sauvette, et que les biffins ne cessent de proposer des solutions.
La reconnaissance de la viabilité de leur activité à Montreuil constitue, de ce fait, un progrès politique et social; ce, d’autant plus que les marchés autorisés pour 2014 seront non seulement plus nombreux, mais surtout seront réguliers. En effet, sortir la biffe de l’instabilité, et avec cela sortir les biffins de la grande précarité qui caractérise souvent leur situation sociale, implique que ceux-ci puissent s’appuyer sur des pratiques communes et des habitudes régulières. Ce qui passe avant tout par l’assurance de pouvoir retrouver acheteurs, autres biffins ou membres d’AMELIOR à des dates et des lieux connus de tous, annoncés à l’avance – besoin bien compréhensible qu’ont également exprimé les acheteurs et riverains.

L’association souhaite également rappeler le rôle écologique crucial joué par ces marchés, sur lesquels sont (re)mis en circulation des biens uniquement issus de la récupération et du recyclage, participant ainsi de la lutte contre le gaspillage. À ce titre, elle est heureuse d’annoncer la venue, sur le marché du 11 janvier prochain, d’autres acteurs de cette lutte : l’association Disco Soup, qui récupère et cuisine des invendus alimentaires sur la voie publique, pour ensuite les distribuer gratuitement et en musique, ainsi que les Gars-Pilleurs, glaneurs de nourriture promise au rebus, elle aussi distribuée gratuitement sur la voie publique. Leur présence sur le marché ce samedi permettra, outre une aide concrète au remplissage des frigos les moins garnis, une réelle convergence des luttes contre le gaspillage et la production massive de déchets, qui nous semble plus que jamais urgente en ces temps de surconsommation, d’épuisement des ressources et de destructions volontaires des richesses. 2014 est aussi, comme chacun sait, le 460ème anniversaire de la légalisation du droit au glanage, l’association rappelle la nécessité de fédérer la communauté des récupérateurs afin de développer leurs activités, et de défendre leurs droits : DROIT AU GLANAGE, DROIT À LA BIFFE !

Ainsi l’association souhaite-t-elle une année 2014 pleine de récup’, de courage politique, de biens arrachés aux poubelles et aux incinérateurs, de redistribution des richesses, de solidarité à l’égard de ceux qui en ont besoin.

Rendez-vous : SAMEDI 11 JANVIER DE 8H À 19H
SOUS LA HALLE DU MARCHÉ CROIX DE CHAVAUX À MONTREUIL
(M° Croix de Chavaux)

Retrouvez le programme des marchés AMELIOR et l’actualité de l’association sur http://amelior.canalblog.com/ et sur Facebook : Asso Amelior
assoamelior@gmail.com

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