- DROIT À LA BIFFE, DROIT À LA VILLE ! -

IMG_3999 À l’occasion du rassemblement ce mercredi 18 décembre de 12h à 18h sur la place de la République à Paris, nous tenons à rappeler les difficultés que rencontrent les biffin.e.s sans place, contraints de vendre à la sauvette à Barbès, Belleville, porte Montmartre, porte Didot, ou encore entre les portes de Bagnolet et de Montreuil.
Les biffins sont victimes d’un véritable déni de droit !
Ces descendants des chiffonniers, qui exercent pour des raisons économiques l’activité de récupération-revente d’objets d’occasion en tout genre, sont confrontés à une absence totale, de la part des pouvoirs publics de la Ville de Paris, de prise en compte de leurs demandes répétées, de reconnaissance et d’organisation de leur activité - activité pourtant si nécessaire en temps de crises économique et environnementale. Victimes d’un véritable déni de droit, ils sont accusés de pratiques illégales, et sont ainsi sujets à la répression policière : expulsion de la voie publique, arrestations, poursuites en justice au nom de la loi LOPPSI 2, en général accompagnées de la confiscation et de la destruction de leurs biens.

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n million d’euros annuels dépensé en police, eboueurs et bennes privés !
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En plus d’être inhumaine et inefficace, cette répression occasionne des dépenses publiques énormes (en termes de moyens policiers, juridiques, de logistique des éboueurs publics et des bennes privées…), lesquelles dépassent largement le coût d’une organisation solidaire et juste – dépenses d’un niveau tel que les élus et la préfecture refusent toujours de nous en communiquer la somme exacte, et que nous estimons à plus d’un million d’euros annuels. Cela fait pourtant près de 10 ans que les revendications des biffins sont clairement formulées et proposées aux élus chargés de la lutte contre l’exclusion, de l’économie sociale et solidaire, du développement durable, de l’environnement, du commerce sur l’espace public…
Peu d'écoute de la part des institutions !
Ainsi qu’aux maires des villes et des arrondissements les plus concernés (18e, 19e, 20E, 11e, 10e). Leur manque de considération de ces propositions, et d’une manière générale leur absence de réponse tout court, prouve, si besoin était, le mépris qui est le leur pour ces questions urgentes, et leur peu d’égard tant pour les biffins et la centaine de milliers d’acheteurs qui ont besoin d’eux, que pour les habitants de leur propre ville ou quartier, qui eux aussi souffrent de cette démission des pouvoirs publics.

C’est ainsi que le maire de Paris achève son deuxième mandat par la création d’une zone de sécurité prioritaire dans le 20e (ZSP) ; par la visite, en compagnie du ministre de l’Intérieur, du Préfet de Paris et de la maire du 20e, des Puces de Montreuil pour l’occasion vidées de tous ses biffins, refoulés vers Bagnolet qui s’empresse aussitôt de demander plus de moyens policiers pour sa ville (ZSP). Nous ne voyons là que le durcissement obtus de la même politique répressive, inefficace, coûteuse, injuste, e
t finalement d’une parfaite hypocrisie, puisque ce sont ceux-là mêmes qui prétendent prôner justice sociale, solidarité et écologie, qui cherchent à en éliminer les principaux acteurs, ceux-là qui en ont le plus besoin : les biffin.e.s.

À nouveau, nous demandons l’arrêt de la répression, l’accès à l’égalité des droits pour les travailleurs-biffins, l’organisation de marchés et l’attribution de places pour tous et toutes (y compris sur les vide-greniers et les marchés alimentaires déjà existants), la
reconnaissance de la valeur de ce métier et des compétences qui y sont engagées. L’activité des biffins leur est nécessaire, et nous est à tous nécessaire - elle diminue la masse des déchets, lutte contre le gaspillage, crée de l’économie locale et solidaire, ainsi que du lien social dans notre milieu urbain

ARRÊT DES BENNES
DROIT AU TRAVAIL POUR TOUS LES BIFFIN.E.S
DROIT À LA VILLE
DROIT À LA BIFFE

ACHETEZ MALIN, ACHETEZ BIFFIN !

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