1 er mai 2014
DROIT À LA BIFFE POUR LES BIFFIN.E.S !

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En ce 1er mai – journée internationale des droits des travailleurs - de l’année 2014 - déclarée année de lutte contre le gaspillage alimentaire par le Parlement Européen - nous, association AMELIOR , rappelons :
- que le gaspillage n’est hélas pas qu’alimentaire, mais touche tous les secteurs de la production et de la consommation, produisant des déchets non biodégradables.
- que la solution pour lutter contre ce gaspillage des biens et des matériaux existe déjà
- mais que cette solution, loin d’être promue et encouragée concrètement par les pouvoirs publics, fait aujourd’hui l’objet d’une occultation et d’une répression systématiques.

Les biffins sont des récupérateurs-revendeurs professionnels : ils collectent des objets abandonnés pour les revaloriser, plutôt que de les laisser au statut de déchet, et pour les revendre, à des prix à accessibles à toutes les bourses. À la fois récup’ et marché de l’occasion, leur travail est doublement lutte contre le gaspillage. En amont, ils travaillent à la réduction des déchets à la source (récup’ dans les poubelles, dans la rue, auprès de particuliers voulant se débarrasser) ; en aval, à la baisse de l’extraction de nouvelles matières premières, du transport, de l’utilisation d’emballages… Ils oeuvrent à une décroissance de la production sans décroissance de l’emploi. Car les biffins sont des travailleurs, et leur travail est de forte utilité sociale – mais aujourd’hui, on leur refuse précisément le droit au travail.

En effet, à Paris et en Île-de-France, du fait de l’absence d’organisation des marchés des biffins et/ou de places réservées aux biffins sur les marchés, et de la fin de non-recevoir régulièrement adressée à leurs revendications, les biffins doivent quasiment tous exercer leur activité dans l’illégalité.

Dans l’illégalité, c’est-à-dire sans place, « à la sauvette », dans des zones de non-droit exposées à tous les débordements, où les biffins se voient pourchassés par la police qui spolie leurs biens pour les fournir à des sociétés privées de collecte des déchets – celles-là précisément qui envoient tous ces objets encore utilisables à l’incinérateur, faisant ainsi rimer injustice et pollution, gaspillage et empoisonnement de l’air. Coût écologique qui se double d’un coût fiscal - le prix du recours à l’une de ces bennes dépasse la modique somme de 10 000 € par mois. Et cela dure depuis bientôt 10 ans.
Dans l’illégalité, c’est-à-dire sans droit, hors du code du travail, dans une faille juridique qui les expose aux accidents de la vie et les prive des dispositifs conquis par les travailleurs pour assurer sécurité, liberté, bien-être et tout simplement décence dans l’exercice de leur activité.
Dans l’illégalité, c’est-à-dire dans l’obscurité, sans reconnaissance, dans le mépris et l’ignorance organisée de la réalité et de la valeur de leur métier. Un métier dénigré, assimilé à tort au vol, au recel, au trafic, ou renvoyé à un expédient contraint, honteux - honte et mépris social qui rejaillissent sur leurs acheteurs, ces consommateurs responsables acteurs de l’économie solidaire et de la lutte contre le gaspillage des biens et des matériaux.

C’est ainsi qu’en ce 1er mai 2014, nous revendiquons le droit de travailleurs, d’hommes et de femmes accomplissant une oeuvre nécessaire, à travailler.
C’est ainsi que nous continuons d’exiger le DROIT À LA BIFFE