TRAVAILLEURS DU MONDE ENTIER, FAITES TOURNER LE MESSAGE!

DROIT AU TRAVAIL POUR L’UN DES PLUS VIEUX METIERS DU MONDE
DROIT A LA BIFFE POUR LES CHIFFONIERS BIFFINS PARISIENS !

Les biffins sont des récupérateurs-revendeurs
professionnels : ils collectent les objets dont plus
personne ne veut, pour les revaloriser et les revendre.
Leur geste s’ancre dans un mouvement sans âge,
comme spontané, de l’individu devant ce qui est
délaissé : glaner, recueillir, ramasser ce qui n’est plus
à personne mais peut (re)devenir une richesse. Un
déchet, dans nos lois, est res nullius : quelque chose
qui n’appartient à personne, et devient propriété du
premier ramasseur. Et, c’est désormais très officiel
(décret n°2012-612 du 30/04/12), les déchets ont le
droit, en France, de devenir des produits.

La biffe est ainsi une activité constituée du
mouvement spontané de glanage, et du geste légal
d’appropriation et de revente. Ce qui n’est pas sans
impliquer une véritable technique : repérer,
récupérer, trier, réparer, revaloriser… Autant
d’opérations diverses, qualifiées et hautement
contraignantes, dans lesquelles les biffins sont
« passés maîtres » - c’est-à-dire, dans lesquelles ils ont
développé de véritables compétences, qui font d’eux
des hommes et des femmes de métier. Autrement dit,
leur activité n’est pas un pur labeur, et elle n’existe
pas seulement à titre d’expédient. Si elle s’origine
dans un geste spontané, elle se structure dans des
techniques et des savoirs élaborés, acquis et transmis.
Ainsi la biffe a-t-elle une histoire, ainsi est-elle un
métier de tradition. Ainsi représente-t-elle un
patrimoine, autant qu’elle constitue un écosystème et
un moteur inépuisable de l’économie : récupérateurs
de tous objets et matériaux, les biffins sont
d’inlassables créateurs de richesses et de techniques.

ET pourtant…

Technique, savoir, métier et tradition dont l’histoire
se confond avec celle de Paris, la biffe n’est pas jugée
digne, aujourd’hui, de constituer un emploi sur le
marché du travail. A Paris et en Île de France, du fait
de l’absence de marché des biffins et/ou de places
réservées aux biffins sur les marchés, de l’ignorance
ou de la pure et simple répression des différentes
propositions ou initiatives pour retrouver la place qui
leur revient, les biffins se voient en effet contraints
d’exercer leur activité dans l’illégalité.

Dans l’illégalité, c’est-à-dire sans place, « à la
sauvette », dans des zones de non-droit exposées à
tous les débordements, où les biffins se voient
pourchassés par la police et spoliés de leurs biens par
les sociétés privées de collecte des déchets.

Dans l’illégalité, c’est-à-dire sans droits, hors du code
du travail, dans une faille juridique qui les expose aux
accidents de la vie et les prive des dispositifs conquis
par les travailleurs pour assurer sécurité, liberté, bien-
être et progrès dans l’exercice de leur activité.

Dans l’illégalité, c’est à dire sans reconnaissance, dans
le mépris et l’ignorance organisée de la réalité et de la
valeur de leur métier, aujourd’hui renvoyé à un
expédient contraint et comme honteux - honte et
mépris social rejaillissant sur leurs clients, pourtant
acteurs eux aussi d’une activité noble et d’une
économie plus que jamais nécessaire en ces temps de
crise économique et environnementale.

C’est ainsi qu’aux biffins est dénié le droit au travail, la
place sur les marchés autant qu’au sein de la société
et de l’économie. C’est pourquoi nous revendiquons
la fin du déni, la sortie d’un ghetto aberrant : l’octroi
de places, la fin de l’oubli et la reconnaissance
juridique d’un des plus vieux métiers du monde. C’est

ce 1er mai 2013, fête du travail,
nous revendiquons le droit de
travailleurs, d’hommes et de femmes de
métier, à travailler.

C’est ainsi que nous continuons à exiger
le DROIT A LA BIFFE.